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2è Festival culturel panafricain : ARCHITECTURES DE TERRE ET PATRIMOINE CULTUREL ORAL ET IMMATERIEL Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Deux grandes expositions permettent aux festivaliers et au public algérien de se familiariser avec ce pan de la culture africaine

C’est toute l’Algérie qui vibre depuis une semaine au rythme de la 2è édition du festival culturel panafricain. Le ton a été donné le 1er juillet par les travaux du Colloque sur l’anthropologie africaine, trois jours avant l’ouverture officielle. Depuis, tous les lieux de spectacle, d’exposition et de projection de films aussi bien d’Alger que de toutes les wilayas (préfectures) de ce pays - Annaba, Mostaganem, Tamanrasset, Bouira, Oran, Sidi Bel Abbes, Constantine, Bejaia, Boumerdès, Ouargla, Tlemcen, entre autres - sont pris d’assaut par un public désireux d’assister aux représentations artistiques et culturelles des 53 Etats de l’Union africaine. Le moins que l’on puisse dire c’est que les Algériens n’ont pas lésiné sur les moyens dans leur ambition d’aider la promotion de la culture africaine, convaincus que c’est par là que passera forcément le développement. L’Etat algérien a ainsi investi dans cette grande manifestation 55 millions d’euros, soit un plus de 3,6 milliards Fcfa pour la construction d’un village d’artistes de 2500 lits, d’hôtels, l’acquisition de plus d’une centaine d’autobus et pour assurer le transport par avion des 8000 festivaliers du continent.
La journée de mercredi dernier a été notamment marquée par l’ouverture officielle de deux grandes expositions sur le patrimoine culturel africain. Des expositions qui se tiennent toutes à la Safex, un gigantesque parc d’exposition situé dans la banlieue nord-ouest d’Alger. La première des ces expositions est consacrée aux architectures de terre à travers le monde et la seconde au patrimoine culturel oral et immatériel du continent. Une foule de festivaliers et d’Algériens a visité ces deux expositions majeures.
Les constructions en terre sont nombreuses à travers le monde et ne sont pas l’apanage du seul continent africain. On les rencontre sur tous les autres continents. Les recherche sur les matériaux et les techniques d’utilisation de la terre se poursuivent et se perfectionnent de jour en jour comme cela a d’ailleurs été prouvé lors du Colloque international « Terra 2009 » tenu à Bamako en janvier passé sur les architecture de terre.
La première exposition présente, sur un fond musical de Ali Farka Touré et de Oumou Sangaré, les décorations en terre du Nigéria, d’Egypte, d’Algérie, d’Angola et du Burkina Faso. Le visiteur entre ensuite dans l’univers des constructions classées au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco : notamment les mosquées de Djenné et Djingareyber, les petites cases du Pays dogon.
Une partie toute aussi importante de l’exposition est consacrée aux constructions modernes en tous genres : domiciles privés et autres bâtiments commerciaux et administratifs. Des constructions en banco stabilisé comme celle du Musée national du Mali sont particulièrement appréciées par les visiteurs.
L’expérience de restauration des mosquées de Komoghel de Mopti et de Djingareyber de Tombouctou par la Fondation pour la culture Aga Khan est présentée dans cette première exposition.
Selon Yasmin Terki, à partir des années 1980, un regain d’intérêt mondial pour les constructions en terre, impulsé à partir de l’Afrique par l’architecte égyptien Hassan Fathy se manifeste dans tous les continents. Ce vaste mouvement de modernisation des architectures de terre, qui s’étend essentiellement au monde occidental, a débuté aux Etats-Unis.
La deuxième exposition est consacrée au patrimoine culturel oral et immatériel de l’Afrique. Cette exposition rassemble à la fois le parcours de l’Homme de la naissance à la mort, selon les différentes conceptions africaines et l’intégralité des 18 chefs d’œuvre du patrimoine immatériel du continent africains classés par l’UNESO. Pour cette partie, on retiendra pour notre pays l’espace du Yaaral et du Dégal , ou la traversée des bœufs à Diafarabé et à Dialloubé dans la région de Mopti. Chaque année quand les eaux du fleuve Niger baissent, les bergers ramènent, après plusieurs mois passés en brousse, les animaux dans le bourgou. Ce retour donne lieu à une grande fête traditionnelle où les artistes musiciens, interprètes, instrumentistes, poètes rivalisent de talent. Les femmes se font belles avec leurs meilleurs coiffures, parures et vêtements. Une fête dont la valeur historique exceptionnelle n’a pas échappé à l’Unesco qui la classé en 2005 patrimoine culturel.
Tout comme le « Sosso balla » pour la Guinée Conakry. Un instrument de musique appartenant à l’ensemble des griots du Mandé et qui a été confectionné au 13ème siècle. Cet instrument mythique est représenté en images vidéo et photo.
Dans le volet intitulé « cycle de la vie », notre patrimoine est richement représenté : la tenue du chasseur du Wassoulou ; la statuette porteuse d’eau ; le Flani Sinsin, un objet sensé protéger les jeunes jumeaux en milieu bambara. Coté masques, le Ciwara, le Korè et le n’domo font l’objet de curiosité. Les sistres des bambara, ou Wassamba et les castagnettes minianka donnent une idée de la période d’initiation, notamment la circoncision dans certaines de nos sociétés traditionnelles. La statuette de la fécondité chez les Senoufo boucle la boucle de ce volet. Salia Mallé, du Musée national et Oumar Kamara représentent notre pays dans cette partie du Panaf.

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