2è Festival culturel panafricain : LES MALIENS FONT LE SPECTACLE
La salle de spectacle du Théâtre des verdures a connu dimanche soir l’une de ses plus belles animations depuis le début de ce festival.

En effet, les techniciens de son et lumières, les policiers, les stewards de cette salle et tous les inconditionnels qui le fréquentent sont unanimes : jamais cette scène n’a reçu autant de spectateurs et n’a connu une telle ambiance. A 19 heures, plus de deux heures avant de le début du spectacle, le public algérois avait commencé à se masser aux grilles d’entrée de cette salle.
Nombre de spectateurs avaient entendu parler du beau spectacle offert par les Maliens en d’autres endroits de la ville au cours de ce festival. Il s’agit du groupe de danseurs dogon de l’Association Gina Dogon, du groupe de Takamba «Houmeïssa» de Zeherana Maïga et du Koulé Star de Abdoulaye Diabaté.
Sur la vingtaine de scènes dédiées à la musique et à la danse, le Théâtre de la verdure, situé en plein cœur de la ville d’Alger, est la deuxième plus grande scène, après celle du Riadh El Feth. Cette dernière étant réservée aux stars internationales et aux grandes vedettes de la chanson algérienne.
Plus d’un millier de spectateurs, constitués en grande majorité du public local, de festivaliers, notamment des cinéastes et des journalistes et, bien entendu, d’une forte colonie malienne ont assisté au spectacle donné par nos artistes.
Les nombreuses caméras mobilisées par la télévision algérienne pour la circonstance témoignent de l’intérêt accordé à la prestation de nos compatriotes. Un membre de cette équipe de télévision indique d’ailleurs qu’ils ont reçu la consigne d’enregistrer intégralement le show de Abdoulaye Diabaté.
Comme à son habitude, le Koulé Star de Abdoulaye Diabaté a fait bouger la salle. Pendant plus d’une heure, le public composé de jeunes et adultes n’a cessée de se trémousser au rythme endiablé de l’enfant de Koutiala. Avec des morceaux très dansants comme «Balani", «Morbayassa», Abdoulaye a fait exploser la salle. Il a enchaîné avec «Malidjé», un titre songhoï, «Hogon», en l’honneur des Dogons.
Auparavant le public a suivi avec intérêt la prestation de Aly Témé et de ses huit danseurs aux masques et ses deux joueurs de tambour. Originaires du village de Yandouma à Sangha, ils ont présenté deux masques Kanaga, un « Dana », un « Satimé » et une jeune fille. Des pas de danse originaux qui ont été apprécié par le public.
Malheureusement, le « Tinga Tanga », une danse très attendue, n’a pu être présentée au Théâtre de la verdure, compte-tenu de la configuration de la scène. Aly Témé assure que ce groupe a déjà évolué de nombreuses fois en de grandes occasions comme : la Biennale artistique et culturelle de 2005 à Ségou, le sommet des chefs d’Etat d’Afrique et de France à Bamako.
Les Dogons ont passé le relais à leurs cousins songhaï représentés par le groupe de Takamba « Houmeïssa ». Le groupe est composé de deux instrumentistes - au n’goni Yacouba Arawaïdou Touré, et à la calebasse Salif Maïga - et de deux danseurs que sont Mariam Sarré et Abdoulaye Touré. Ces virtuoses ont magistralement accompagné les chants du vieux Zeherana Maïga.
Le groupe « Houmeïssa » qui existe depuis une dizaine d’années s’est produit à toutes les éditions du Festival au Désert d’Essakane. Il a également participé aux « Folklife fest » de Washington en 2003, quand notre pays était l’invité principal et a fait une tournée en Belgique en 2007.
Dès son retour à Bamako, assure Ismaël Diop, son manager « Houmeïssa » doit entrer en studio pour enregistrer son premier album. Le groupe prépare pour le 19 juillet une jam session avec un flutiste d’Ethiopie, un guitariste et un violoniste algérien