Pour la sixième année consécutive, la ville de Sikasso a vibré aux sons des balafons venus du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée Conakry et du Mali. A partir de cette édition, personne ne pourra dire que la manifestation souffre d’une appropriation populaire dans la cité du Kénédougou. Avec l’appui de Mamadou Sanogo, PDG de Sama Transport, parrain de la 6ème édition, la mobilisation de la population de Sikasso a été totale. La cérémonie d’ouverture a eu lieu au stade Babemba Traoré rempli aux deux tiers.
Que vaut une manifestation culturelle qui n’arrive pas à mobiliser la population ? Nous nous sommes posés cette question à plusieurs éditions passées du triangle du Balafon, avec la ferme conviction que les organisateurs n’avaient pas trouvé la bonne manière pour aider les populations du Kénédougou à se mobiliser autour de ce festival qui a été conçu pour faire de Sikasso la capitale africaine du balafon le temps d’une semaine. Désormais, avec ce qui nous a été donné de constater à la cérémonie d’ouverture de cette sixième édition, le festival Triangle du balafon n’est plus orphelin. Il est en passe de devenir une manifestation mobilisatrice de toute la population de la cité du Kénédougou. Pour cette édition, les organisateurs ont mis la barre très haute en jetant leur dévolu sur le stade Babemba Traoré pour l’organisation de la cérémonie d’ouverture. Tout porte à croire que cette édition du triangle du balafon a été perçue par Sikasso comme un test grandeur nature pour l’organisation de la biennale 2010 et des festivités commémoratives du cinquantième anniversaire de notre accession à la souveraineté internationale. Et, la commission à la faveur de l’ouverture de la 6ème édition a voulu sonder la capacité de mobilisation de la ville. Le coup d’essai fut un coup de maître. C’est dans un stade plein aux 2/3 que les différentes troupes venues du Mali, Burkina Faso, Côte d’Ivoire et Guinée, pour rivaliser d’ardeur dans le jeu du balafon, ont défilé. Ce fut une belle fête.A la cérémonie d’ouverture, Mamadou Issa Tapo, gouverneur de Sikasso, a lancé un appel à la population de Sikasso à se mobiliser pour relever le défi de la réussite de l’organisation des deux évènements phares de l’année 2010 : la biennale et le cinquantenaire de l’indépendance du Mali. « Le chef de l’Etat a fait l’honneur à la région de Sikasso en lui confiant l’organisation de la biennale et du cinquantenaire en 2010. Nous devons nous mobiliser chacun à son niveau pour réussir ces deux évènements », a-t-il déclaré. Avant le gouverneur de la région de Sikasso, Mamadou Tangara, maire de la capitale du Kenedougou, a salué la création de la manifestation qui selon lui, est un prétexte tout trouvé par les pays ayant en partage l’usage du balafon de penser à une intégration par la culture. Il a rendu un vibrant hommage à Mamadou Sanogo, PDG de Sama Transport, qui a accepté de parrainer la 6ème édition du festival. De l’avis du maire et du gouverneur de Sikasso, le parrainage de la manifestation par Mamadou Sanogo, maire de Niéllé, ville frontalière de la Côte d’Ivoire et non moins PDG de Sama Transport, a été un bon choix. En plus de tout ce qu’il a pu faire du point de vue contribution financière, il a mobilisé plus d’une dizaine de cars pour le transport de la population à travers la ville pour les amener au stade. Et cette action a énormément contribué à la forte mobilisation des sikassois au stade. Avant le discours d’ouverture de Hamane Niang, ministre de la jeunesse et des sports, qui a présidé la 6ème édition du festival triangle du balafon, en lieu et place du ministre de la culture, les représentants des ministres de la culture de la Guinée, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire ont chacun pris la parole pour saluer l’initiative d’un espace consacré au balafon dans la sous région. Le Professeur Adepo Yapo, représentant du ministre de la culture de la Côte d’Ivoire, contrairement à un courant qui exige depuis des années l’organisation tournante de la manifestation dans des villes de chacun des pays participants, a souhaité que tout soit mis en œuvre pour enraciner le festival du triangle du balafon à Sikasso. Selon lui, la reconnaissance internationale de la manifestation consacrée au balafon dépendra de son enracinement en un seul lieu. Cependant, il souhaité la mise en place d’un comité international d’organisation pour le succès sans faille de l’évènement. C’est après tous ces discours que le ministre Hamane Niang a donné le feu vert pour le démarrage des activités de la 6ème édition du festival qui a enregistré l’arrivée de la Guinée parmi les pays en compétition. Et du coup, le triangle qui mettait en compétition des troupes du Mali, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso va devoir changer de nom, avec l’arrivée des troupes guinéennes. D’un triangle, nous sommes aujourd’hui passés à un quadrilatère, en attendant l’arrivée d’autres pays pour donner un autre nom au polygone naissant. Et pour éviter le changement de nom en fonction du nombre de pays participants à la compétition, des autorités ont déjà suggéré l’appellation du festival international du balafon de Sikasso. En attendant, les deux troupes de la Guinée (Mandén Balla et Djeli Guinée) ont défilé à côté des troupes maliennes, ivoiriennes et burkinabé. Pour la sixième édition, le Mali a aligné pour la compétition le groupe de Karim Dembélé de Dougan, le groupe de Tiémoko Ouattara de Soukourani Missirikoro et le groupe « Koumi Diossé Buanzan » de Bamako. Le Burkina Faso est arrivé cette année avec les groupes « Kanouya » du Houet et « Parissi ». La Côte d’Ivoire, pour cette 6ème édition est arrivée avec le groupe « KBL-Katana club » de Bouaké et le groupe de balafon de « Kalaha » de Korhogo. La troupe Marimba d’Angola invitée n’a pas pu faire le déplacement de Sikasso. Mais, qu’à cela ne tienne, avec la prestation des troupes en compétition lors de la cérémonie d’ouverture, l’on pouvait déjà se faire une idée de leur niveau élevé. Et, cela garantissait de beaux spectacles en perspective. |